Les autorités guatémaltèques ont ordonné des évacuations préventives dans plusieurs zones situées à proximité du volcan de Fuego, dont l’activité s’est fortement intensifiée ces derniers jours. Les explosions, les émissions de gaz, de magma et les importantes retombées de cendres ont conduit les services de protection civile à placer plusieurs régions en état d’alerte maximale.
Situé à environ 50 kilomètres de la capitale, Ciudad de Guatemala, le volcan de Fuego, l’un des plus actifs d’Amérique centrale, enregistre des explosions quasi constantes depuis dimanche. Les autorités rapportent également des émissions continues de gaz volcaniques, de coulées de magma et des retombées de cendres affectant de vastes secteurs environnants.
Les services de surveillance volcanologique ont confirmé que le volcan est désormais entré dans sa phase d’activité la plus intense. Des courants de densité pyroclastique – des nuées ardentes composées de gaz brûlants, de cendres et de débris rocheux capables de détruire tout sur leur passage – ont été observés sur les flancs du volcan, renforçant les inquiétudes des autorités.
Selon les volcanologues, cette activité éruptive pourrait se poursuivre pendant au moins 72 heures supplémentaires. Les experts maintiennent une surveillance permanente afin de détecter toute évolution susceptible d’accroître le danger pour les populations vivant à proximité.
À cette menace volcanique s’ajoute un risque météorologique. Les autorités ont averti que l’arrivée de deux vagues en provenance de l’est pourrait provoquer de fortes pluies. Ces précipitations sont susceptibles de générer des lahars, d’impressionnantes coulées de boue mêlées de cendres, de roches volcaniques et d’eau, capables d’emporter habitations, routes et infrastructures sur leur passage.
Le coordonnateur national pour la réduction des risques de catastrophe a indiqué que 18 communautés des départements de Sacatepéquez, Chimaltenango et Escuintla demeurent exposées à un risque élevé. Face à cette situation, le niveau d’alerte a été relevé d’orange à rouge, entraînant le renforcement des mesures de protection.
Par mesure de précaution, cinq centres d’hébergement ont été ouverts pour accueillir les familles évacuées. Les autorités ont également suspendu les cours en présentiel dans les zones concernées, tandis qu’une route traversant les environs du volcan reste fermée afin de garantir la sécurité des habitants et des équipes de secours.
Cette nouvelle crise réveille le souvenir de la catastrophe de juin 2018, la plus meurtrière de l’histoire récente du Guatemala. Une puissante éruption du volcan de Fuego avait alors enseveli plusieurs communautés sous des coulées pyroclastiques, faisant 202 morts et 229 disparus. Plus récemment, le volcan avait connu une importante éruption en mars 2025, rappelant son caractère imprévisible.
Alors que le volcan poursuit son activité, les autorités appellent la population à respecter strictement les consignes de sécurité et à suivre les informations officielles. Les prochaines heures seront déterminantes pour évaluer l’évolution de cette crise volcanique qui menace des milliers d’habitants.
Assoya Izinga

