Le projet du barrage hydroélectrique Ruzizi III, attendu depuis plus de vingt ans dans la région des Grands Lacs, connaît un nouveau retard. Alors que l’attribution du contrat de construction était attendue avant fin août 2026, aucune annonce ne devrait finalement intervenir avant la fin de l’année, voire le début de 2027.
À l’origine de ce nouveau blocage : Dongfang Electric Corp, l’entreprise publique chinoise qui faisait partie du consortium Orascom-DEC, avec les Égyptiens Orascom et The Arab Contractors. Selon Africa Intelligence, Dongfang aurait décidé de se retirer des négociations avec Ruzizi III Energy (REL), à la suite d’une décision des autorités chinoises.
Le groupe chinois devait notamment fournir les turbines de la future centrale, une partie particulièrement importante et difficile à remplacer. Le chantier, évalué à environ 700 millions de dollars, doit permettre de produire 206 MW d’électricité, destinée au Burundi, au Rwanda et à la RDC.
La situation sécuritaire complique davantage le projet
Le futur barrage se trouve dans une région marquée par l’insécurité et les tensions entre la RDC et le Rwanda, notamment dans le contexte du conflit opposant les FARDC au M23.
Cette situation complique fortement la préparation du chantier. La possibilité de créer une zone démilitarisée autour du projet avait même été envisagée en début d’année, avant d’être abandonnée.
L’implication croissante des États-Unis dans le projet pourrait également avoir contribué aux difficultés actuelles. Washington considère Ruzizi III comme un projet capable de favoriser la coopération et la paix dans la région. Mais, dans le même temps, les tensions économiques et stratégiques entre les États-Unis et la Chine pourraient compliquer la participation d’entreprises chinoises à certains projets africains soutenus par Washington.
Un coup dur pour Ruzizi III
Pour les principaux investisseurs du projet, notamment TotalEnergies et l’Aga Khan Fund for Economic Development, le départ de Dongfang est une mauvaise nouvelle.
L’entreprise chinoise était notamment appréciée pour ses prix compétitifs et sa capacité à travailler dans des environnements difficiles. Remplacer son rôle, particulièrement pour les turbines, pourrait donc prendre du temps et entraîner de nouveaux retards.
Pour les populations de la région des Grands Lacs, qui font face depuis des années à un important déficit d’électricité, ce nouveau contretemps repousse encore davantage l’espoir de voir Ruzizi III produire enfin son énergie.
Avec une capacité de 206 MW, le projet reste pourtant stratégique pour la RDC, le Rwanda et le Burundi.
La rédaction

