Les risques de perturbations dans l’alimentation en électricité pourraient s’accentuer à Kinshasa. La Société nationale d’électricité (SNEL) a retiré temporairement 205 MW de puissance du réseau Ouest, soit près d’un tiers des 600 MW qui alimentent habituellement la capitale.
Cette réduction est d’abord liée à la baisse du niveau des eaux du fleuve Congo et de la rivière Inkisi, qui a contraint la SNEL à arrêter trois groupes de production à la centrale d’Inga I (155 MW) et un groupe à Zongo II (près de 50 MW) afin de protéger ses installations.
Mais au-delà de cet étiage saisonnier, l’entreprise met en garde contre des facteurs aggravants causés par l’activité humaine. Les déchets jetés dans le fleuve Congo, l’ensablement ainsi que les constructions réalisées le long des cours d’eau compliquent de plus en plus l’exploitation des centrales hydroélectriques. Les déchets peuvent obstruer les prises d’eau et les grilles de protection, tandis que l’ensablement réduit les performances des ouvrages.
Cette situation rappelle que la protection des fleuves est devenue un enjeu majeur pour la sécurité énergétique du pays. Sans une meilleure gestion des déchets et des berges, les difficultés d’approvisionnement en électricité risquent de se multiplier, notamment à Kinshasa.
Selon un cadre de la SNEL, une remontée progressive du niveau des eaux du fleuve Congo et de la rivière Inkisi est toutefois attendue à partir de la mi-août, ce qui pourrait permettre une reprise progressive de la production. Cette évolution reste néanmoins tributaire des conditions hydrologiques des prochaines semaines.
Daniel Izinga

