Ce mercredi 8 juillet 2026 revêt un caractère exceptionnel pour l’Église catholique et particulièrement pour la ville de Goma. Trois anniversaires majeurs sont célébrés en mémoire du Bienheureux Floribert Bwana Chui : le 19e anniversaire de son martyre, l’anniversaire de l’érection du Sanctuaire Bienheureux Floribert Bwana Chui à Goma ainsi que celui de sa béatification par l’Église universelle.
En cette journée de mémoire liturgique, les fidèles catholiques de Goma et d’ailleurs rendent grâce pour le témoignage de ce jeune laïc congolais devenu un symbole de l’honnêteté, de la justice et de l’intégrité chrétienne dans l’exercice des responsabilités publiques.
Né à Goma le 13 juin 1981, Floribert Bwana Chui bin Kositi s’est très tôt distingué par son intelligence et son esprit d’initiative. Étudiant à l’Université de Goma, il devient l’une des figures de proue des étudiants catholiques. Sa rencontre, en l’an 2000, avec la Communauté de Sant’Egidio marque un tournant décisif dans sa vie. Aux côtés d’autres jeunes, il s’engage dans la prière, l’écoute de la Parole de Dieu et le service des plus vulnérables, notamment les enfants de la rue au sein de l’École de la Paix.
Animé par sa foi, il nourrit alors une profonde conviction : « accomplir de grandes choses, marquer l’histoire, transformer la réalité ». Avec la Communauté de Sant’Egidio, il rêve d’un monde réconcilié où « tous les peuples sont assis à la même table », un idéal particulièrement significatif dans la région du Kivu, longtemps meurtrie par les conflits et les violences.
Après l’obtention de son diplôme en droit, Floribert est nommé commissaire des douanes à Goma en 2007. C’est dans l’exercice de cette fonction à l’Office Congolais de Contrôle (OCC) qu’il pose l’acte qui le conduira au martyre. Ayant découvert des cargaisons de riz avarié destinées à la consommation, il refuse catégoriquement de céder aux pressions et aux tentatives de corruption visant à faire entrer ces denrées dangereuses sur le marché.
Face aux propositions d’argent et aux menaces, il répond avec une fermeté inspirée par sa foi chrétienne : « En tant que chrétien, je ne peux pas permettre que des vies humaines soient sacrifiées. Il vaut mieux mourir que d’accepter cet argent. »
Dans la nuit du 7 juillet 2007, Floribert Bwana Chui est enlevé par des inconnus. Son corps, portant des traces de torture et de sévices, est retrouvé le 9 juillet suivant. Il est mort pour avoir défendu la vie des plus pauvres, refusant de sacrifier la dignité humaine au profit de l’argent. L’Église reconnaît en lui un martyr de la foi, de la charité et de la justice.
Le 25 novembre 2024, le pape François reconnaît officiellement son martyre. Quelques mois plus tard, le 15 juin 2025, la cérémonie de béatification est présidée par le cardinal Marcello Semeraro en la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome, inscrivant ainsi le nom de Floribert Bwana Chui parmi les bienheureux de l’Église catholique.
Aujourd’hui, son témoignage continue de résonner avec force dans une société souvent confrontée à la corruption, à l’injustice et au mépris de la vie humaine. Le Bienheureux Floribert rappelle à chaque chrétien, et plus largement à chaque citoyen, que l’intégrité et la vérité ont un prix, mais qu’elles demeurent le chemin de la véritable grandeur.
En ce 8 juillet, la mémoire du Bienheureux Floribert Bwana Chui invite les fidèles à renouveler leur engagement pour une société plus juste, plus fraternelle et plus respectueuse de la dignité humaine. Son exemple demeure une lumière pour la jeunesse congolaise et un appel à vivre l’Évangile avec courage, jusque dans les choix les plus exigeants.

À Goma, sa ville natale, les cloches sonnent aujourd’hui en mémoire de ce fils du Kivu devenu un témoin universel de l’espérance chrétienne. Son héritage spirituel continue d’inspirer des générations entières qui voient en lui le visage d’une sainteté africaine proche des réalités quotidiennes, une sainteté faite de service, de vérité et d’amour des pauvres.
Assoya Izinga

