Le magazine international Jeune Afrique a publié son classement 2025 des principales banques d’Afrique centrale, établi sur la base du total des actifs à fin 2024. Ce classement offre une photographie précise de la structure bancaire régionale et permet d’identifier les centres de gravité financiers au sein de la sous-région.
Le Top 18 des banques d’Afrique centrale (2025)
- Rawbank (RDC) – 6 190 M$
- Equity BCDC (RDC) – 5 075 M$
- Afriland First Bank (Cameroun) – 3 223 M$
- BGFIBank Gabon (Gabon) – 2 490 M$
- Trust Merchant Bank (RDC) – 1 775 M$
- Standard Bank RDC (RDC) – 1 577 M$
- FirstBank RDC (RDC) – 1 566 M$
- Sofibanque (RDC) – 1 334 M$
- CCA Bank (Cameroun) – 1 321 M$
- Bange (Guinée équatoriale) – 951 M$
- Ecobank Cameroun (Cameroun) – 910 M$
- Ecobank RDC (RDC) – 645 M$
- Ecobank Congo (Congo) – 510 M$
- Bank of Africa – RDC (RDC) – 487 M$
- Ecobank Guinée équatoriale – 466 M$
- Ecobank Gabon – 376 M$
- Ecobank Centrafrique – 266 M$
- BGFIBank Centrafrique – 243 M$
L’analyse de ce classement révèle une structuration bancaire profondément déséquilibrée en faveur de la République démocratique du Congo. Avec huit institutions présentes dans la liste et les deux premières positions occupées par Rawbank et Equity BCDC, la RDC s’impose comme le principal pôle bancaire de l’Afrique centrale en termes de taille de bilan. Cette domination traduit à la fois la profondeur de son marché intérieur, l’intensité de ses flux économiques et la concentration progressive des activités financières dans ses principales zones urbaines et minières.
Dans le même temps, cette position dominante doit être nuancée par la nature des acteurs en présence. Plusieurs établissements opérant en RDC appartiennent à des groupes bancaires panafricains ou internationaux, notamment issus du Kenya, du Nigeria, de l’Afrique du Sud ou du Maroc. Cette configuration illustre un modèle hybride dans lequel la croissance du secteur bancaire congolais repose à la fois sur des institutions locales solides et sur des filiales de groupes continentaux disposant d’une forte capacité de financement et d’expansion.
Le Cameroun et le Gabon apparaissent comme les deux autres pôles structurants du système bancaire régional, portés respectivement par Afriland First Bank, CCA Bank et BGFIBank. Ces institutions jouent un rôle de stabilisation dans un environnement dominé par la dynamique congolaise, tout en conservant une influence notable dans les échanges financiers sous-régionaux.
La présence du groupe Ecobank à travers plusieurs filiales confirme par ailleurs la montée en puissance des stratégies bancaires régionales intégrées. Avec des implantations dans presque tous les pays du classement, ce groupe incarne une logique de réseau financier transnational, privilégiant la couverture géographique à la concentration nationale.
Enfin, ce classement basé sur les actifs constitue un indicateur de taille et de capacité d’intermédiation financière, mais ne permet pas à lui seul d’évaluer la rentabilité, la solidité structurelle ou encore le niveau de souveraineté économique des systèmes bancaires nationaux. Il met néanmoins en évidence une réalité essentielle : l’Afrique centrale est aujourd’hui structurée autour d’un axe bancaire fortement dominé par la RDC, mais intégré dans un écosystème financier largement régionalisé et ouvert aux groupes panafricains.

