La société canadienne Ivanhoe Mines a publié ses résultats du premier trimestre 2026, confirmant la montée en puissance de son projet phare de Kamoa-Kakula, situé en République démocratique du Congo. Sur les trois premiers mois de l’année, le complexe a produit 71 417 tonnes de cuivre sous forme de blister et d’anodes, dont l’essentiel provient de son unité de fusion directe, complétée par la production issue de la fonderie de Lualaba à Kolwezi.
Au-delà du volume, cette performance prend tout son sens lorsqu’on la traduit en valeur économique. En se basant sur un prix moyen du cuivre d’environ 9 000 à 10 000 dollars américains la tonne sur les marchés internationaux, ces 71 417 tonnes représentent un chiffre brut estimé entre 642 millions et 714 millions de dollars américains pour un seul trimestre. Cette estimation reste indicative, car elle ne tient pas compte des variations de prix, des contrats de vente ni des coûts d’exploitation, mais elle donne une idée claire du poids économique du projet.
Cette dynamique s’inscrit dans une trajectoire de croissance accélérée. Le plan minier actualisé prévoit que les installations des phases 1, 2 et 3 atteignent progressivement une capacité combinée de traitement de 17 millions de tonnes de minerai par an, avec une durée de vie estimée à environ 25 ans. Les projections indiquent même que la production annuelle pourrait dépasser 500 000 tonnes de cuivre à partir de 2028, ce qui positionnerait Kamoa-Kakula parmi les plus grands centres de production au monde.
L’un des éléments clés de cette performance réside dans la qualité exceptionnelle du gisement. Les réserves minérales sont désormais estimées à 466 millions de tonnes de minerai avec une teneur moyenne de 2,82 % de cuivre, soit environ 13,1 millions de tonnes de métal contenu. Ce niveau de teneur est particulièrement élevé à l’échelle mondiale, ce qui permet d’optimiser la rentabilité du projet. En parallèle, les activités de transformation génèrent également des sous-produits stratégiques, notamment 117 871 tonnes d’acide sulfurique produites durant le trimestre, un élément important pour l’industrie chimique et agricole.

Ivanhoe Mines ne limite pas ses ambitions à ce seul projet. L’entreprise poursuit également le développement de la mine de Kipushi en RDC, riche en zinc et autres métaux, ainsi que celui du projet Platreef en Afrique du Sud, axé sur les métaux du groupe du platine. En parallèle, elle intensifie ses activités d’exploration dans les Western Forelands, une zone prometteuse située à proximité de Kamoa-Kakula, où plusieurs gisements à haute teneur sont en cours de définition.
Dans un contexte mondial marqué par la transition énergétique et la demande croissante en cuivre pour les infrastructures électriques, les batteries et les technologies vertes, ces résultats confirment le rôle stratégique de la RDC dans l’économie minière globale. Kamoa-Kakula apparaît ainsi non seulement comme un moteur de croissance pour Ivanhoe Mines, mais aussi comme un actif clé pour l’approvisionnement futur en cuivre à l’échelle internationale.
Assoya Izinga

