La République démocratique du Congo amorce un tournant majeur dans la gestion de sa monnaie. À travers une décision annoncée par la Banque Centrale du Congo (BCC), les autorités prévoient l’interdiction de toutes les transactions en espèces en devises étrangères à partir du 9 avril 2027.
Cette mesure concerne l’ensemble des acteurs économiques, des particuliers aux entreprises. Concrètement, il ne sera plus possible d’effectuer des paiements en dollars ou en toute autre monnaie étrangère sous forme de liquidité. Les devises resteront toutefois utilisables, mais uniquement à travers les circuits formels, notamment les banques et les solutions de paiement électronique.
Cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large de réorganisation du système financier national. Les autorités entendent renforcer la traçabilité des flux monétaires, mieux encadrer la circulation des devises et réduire la place dominante du cash dans l’économie congolaise.
Dans cette dynamique, la BCC prévoit également de centraliser l’importation des billets en devises étrangères, une fonction qui était jusqu’ici assurée en partie par les banques commerciales. L’objectif affiché est de mieux contrôler l’approvisionnement en liquidités et de limiter les mouvements financiers non maîtrisés.
Ce projet intervient dans un contexte où l’économie congolaise reste fortement dollarisée. Le dollar américain est largement utilisé dans les transactions courantes, l’épargne et certains contrats, traduisant une confiance encore fragile envers le franc congolais.
À un an de son entrée en vigueur, cette mesure ouvre une phase d’adaptation pour les opérateurs économiques et les citoyens, appelés à se tourner davantage vers les services bancaires et les paiements numériques.
Avec cette réforme, la RDC pose les bases d’un système financier plus formel et mieux régulé, tout en engageant progressivement une transformation des habitudes de paiement dans un environnement encore largement dominé par l’informel.

