La République démocratique du Congo vient d’emprunter 1,25 milliard de dollars sur les marchés internationaux. Une première dans son histoire. Sur le papier, c’est une victoire : le pays attire enfin de gros investisseurs et montre qu’il peut exister dans le système financier mondial.
Mais derrière cette annonce impressionnante, il faut dire les choses simplement : cet argent n’est pas un cadeau, c’est une dette, et une dette chère.Avec un taux d’intérêt proche de 9 %, la RDC va devoir rembourser bien plus que ce qu’elle a reçu. Cela signifie que chaque dollar dépensé aujourd’hui devra produire des résultats concrets demain. Sinon, ce qui est présenté comme une avancée pourrait rapidement devenir un problème pour les générations futures.
Ce qui rassure, c’est que les investisseurs ont répondu massivement, preuve qu’ils commencent à croire au potentiel du pays. Mais ce qui inquiète, c’est notre réalité : routes inachevées, projets abandonnés, mauvaise gestion. Si cet argent suit le même chemin, alors cet eurobond ne changera rien à la vie des Congolais.
Aujourd’hui, la RDC entre dans un nouveau monde. Avant, elle dépendait surtout d’institutions comme le Fonds monétaire international. Maintenant, elle doit convaincre des investisseurs privés, qui eux n’attendent pas, ne pardonnent pas, et veulent être remboursés à temps.
La vraie question n’est donc pas combien la RDC a obtenu, mais ce qu’elle va en faire. Est-ce que cet argent va réellement construire des routes, améliorer l’électricité, créer des opportunités ? Ou va-t-il disparaître dans les mêmes circuits qui freinent le pays depuis des années ?Ce moment est un tournant. La RDC a prouvé qu’elle peut lever de l’argent.
Maintenant, elle doit prouver qu’elle peut le gérer. Sinon, ce milliard risque de coûter beaucoup plus cher que censé.
Daniel Izinga


Un commentaire
Ils vont utiliser cet argent pour le changement de la constitution./