Mbujimayi, Lubumbashi, Likasi, Kolwezi… Dans plusieurs grandes villes de la République démocratique du Congo, une perspective énergétique commence à se dessiner : celle de voir le soleil contribuer demain à éclairer davantage les foyers, soutenir les entreprises et renforcer les activités économiques.
Le 1er septembre 2026, l’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER) a signé un protocole d’accord avec l’entreprise française ITRA Group, ouvrant la voie à l’identification et au développement de plusieurs projets solaires à travers le pays.
Sur le papier, les chiffres donnent le vertige : environ 900 millions de dollars d’investissements envisagés, jusqu’à 650 MW de capacité électrique cumulée et près de 5 000 emplois directs potentiels.
Mais derrière ces chiffres se trouvent surtout des villes qui attendent depuis longtemps une énergie capable de suivre leur croissance.
À Mbujimayi, où les besoins énergétiques accompagnent l’expansion démographique et économique de la ville, un projet solaire compris entre 50 et 100 MW a été évoqué.
Dans le Haut-Katanga, les ambitions annoncées prennent une autre dimension. Lubumbashi pourrait accueillir une centrale de 100 MW, tout comme Likasi.
Et plus au sud, dans le Lualaba, c’est une véritable perspective de changement d’échelle qui est évoquée : deux projets à Kolwezi, de 250 MW et 300 MW, soit jusqu’à 550 MW à eux seuls.
Pour les habitants de ces villes, une telle perspective ne se résume pas à une puissance exprimée en mégawatts.
Une électricité plus disponible peut signifier moins de dépendance aux solutions alternatives coûteuses, davantage de possibilités pour les petites entreprises, une meilleure continuité des activités industrielles, des ateliers qui peuvent travailler plus longtemps et des familles qui peuvent espérer un quotidien moins marqué par les coupures.
Pour les pôles miniers comme Kolwezi et Likasi, l’enjeu est encore plus stratégique. L’énergie constitue l’un des moteurs de l’activité industrielle. Chaque nouvelle capacité de production peut potentiellement renforcer l’écosystème économique autour des mines, des entreprises de transformation, des services et des milliers d’activités qui en dépendent.
À Lubumbashi, capitale économique du Haut-Katanga, l’électricité représente également une question centrale pour une métropole dont les besoins ne cessent de croître.
Et à Mbujimayi, l’arrivée de nouvelles capacités de production pourrait contribuer à accompagner une ville qui cherche elle aussi à accélérer son développement.
Il faut toutefois garder les pieds sur terre : ces centrales ne sont pas encore construites.
Le protocole signé entre l’ANSER et ITRA Group constitue une étape préparatoire. Les partenaires doivent encore identifier les sites, réaliser les études nécessaires, structurer les projets, sécuriser leur financement et mobiliser effectivement les investissements annoncés.
Autrement dit, le rêve énergétique commence aujourd’hui par des études et des accords avant de pouvoir devenir des panneaux solaires, des lignes électriques et, surtout, de l’électricité dans les maisons et les entreprises.
ITRA Group, entreprise française basée à Vergèze, dans le Gard, travaille notamment dans le photovoltaïque, les installations électriques et différentes solutions énergétiques. Les références publiques disponibles montrent principalement des installations photovoltaïques de petite et moyenne taille en France ; elles ne permettent donc pas, à ce stade, de considérer comme acquise une expérience comparable à des centrales de plusieurs centaines de mégawatts.
La prudence n’enlève cependant rien à l’importance de l’annonce.
Car si les financements sont effectivement mobilisés, si les sites sont validés et si les études confirment la faisabilité des projets, ce sont plusieurs territoires économiques majeurs de la RDC qui pourraient voir leur paysage énergétique profondément évoluer.
De Mbujimayi à Kolwezi, en passant par Lubumbashi et Likasi, le soleil pourrait ainsi devenir bien plus qu’une lumière au-dessus des villes.
Il pourrait devenir une partie de leur énergie pour travailler, produire, entreprendre et grandir.
Pour l’instant, ce futur reste à construire.
Mais une chose est désormais posée sur la table : 650 MW potentiels, 900 millions de dollars envisagés et des milliers d’emplois en perspective.
La prochaine étape sera de transformer ces promesses en réalisations concrètes.
Et c’est là que les habitants de ces villes regarderont désormais les prochains développements avec attention.
Daniel Izinga

