La société Copper Intelligence a dévoilé, le 1er juillet 2026, les premiers résultats de sa campagne de forage sur son projet cuprifère de Butembo, dans l’est de la République démocratique du Congo. Si ces premiers chiffres suscitent de l’optimisme, ils ne signifient pas encore qu’un important gisement de cuivre a été découvert.
Que montrent exactement les premiers forages ?
Pour comprendre, il faut d’abord rappeler qu’un forage consiste à prélever des échantillons de roche en profondeur afin de vérifier ce qui se trouve réellement sous le sol. C’est une étape beaucoup plus fiable que les simples prélèvements effectués en surface.
Dans le premier forage réalisé à Butembo, les géologues ont identifié une couche de roche minéralisée de 7,55 mètres d’épaisseur, contenant en moyenne 5,96 % de cuivre, et ce dès la surface.
En langage simple, cela signifie que sur cette portion de roche, près de 6 kilogrammes de cuivre sont présents pour 100 kilogrammes de roche, ce qui constitue une teneur particulièrement intéressante pour un projet d’exploration.
Un second forage, réalisé à une centaine de mètres du premier, a également rencontré du cuivre, mais avec des résultats plus contrastés. Les analyses indiquent une première zone contenant 0,24 % de cuivre, suivie d’une seconde atteignant 1,89 %.
Cette différence montre que le cuivre n’est pas réparti de manière uniforme sous le terrain. Certaines zones semblent beaucoup plus riches que d’autres, ce qui est fréquent dans les premiers stades d’un projet minier.
Pourquoi ces résultats ne suffisent-ils pas ?
Malgré ces chiffres encourageants, les spécialistes restent prudents.
Les teneurs publiées proviennent d’un appareil appelé XRF portable, utilisé directement sur le terrain. Cet équipement permet d’obtenir rapidement une estimation de la composition des roches, mais il ne remplace pas les analyses réalisées en laboratoire.
Autrement dit, les chiffres annoncés aujourd’hui sont provisoires.
Les échantillons seront désormais envoyés dans des laboratoires indépendants accrédités afin de confirmer, corriger ou préciser les teneurs réellement présentes dans les roches.
Ces analyses sont indispensables avant toute conclusion sur la valeur réelle du projet.
Pourquoi parlait-on auparavant de cuivre à 18 % ?
Avant le début des forages, Copper Intelligence avait communiqué des résultats provenant de roches prélevées en surface et dans d’anciens puits artisanaux. Certains de ces échantillons présentaient des teneurs atteignant 18 % de cuivre, un chiffre particulièrement élevé.
Cependant, ces prélèvements étaient très localisés.
Ils montraient qu’il existait effectivement du cuivre à certains endroits, sans permettre de savoir si cette richesse se poursuivait sous terre sur une grande superficie.
Les forages servent précisément à répondre à cette question.
Deux forages ne permettent pas encore de découvrir une mine
Même si les premiers résultats sont prometteurs, ils ne suffisent absolument pas pour annoncer la découverte d’un gisement exploitable.
Deux forages représentent une quantité très limitée d’informations. Pour qu’un projet minier puisse être considéré comme viable, les géologues devront réaliser de nombreux autres forages sur plusieurs kilomètres afin de déterminer :
- si la minéralisation se poursuit dans toutes les directions ;
- quelle est son épaisseur réelle ;
- à quelle profondeur elle se développe ;
- quel volume de cuivre est présent dans le sous-sol ;
- et surtout si son exploitation serait rentable.
Ce n’est qu’après ces différentes étapes que des experts indépendants pourront estimer officiellement les ressources du gisement selon les normes internationales utilisées par l’industrie minière.
Un premier pas encourageant
À ce stade, le projet de Butembo reste donc un projet d’exploration, et non une future mine.
Les premiers forages confirment néanmoins un élément important : du cuivre est bien présent dans le sous-sol de la zone étudiée. Ils fournissent également aux géologues des informations précieuses pour orienter les prochaines campagnes de forage.
Pour Copper Intelligence, ces résultats constituent un signal positif, mais le chemin reste encore long avant de pouvoir démontrer qu’il existe à Butembo un gisement suffisamment vaste et rentable pour justifier l’ouverture d’une exploitation minière.
En d’autres termes, les premières analyses donnent des raisons d’espérer, mais elles ne permettent pas encore d’affirmer que Butembo deviendra l’un des grands projets cuprifères de la République démocratique du Congo. Les prochains mois, avec les analyses en laboratoire et les nouveaux forages, seront déterminants pour connaître le véritable potentiel du site.
Assoya Izinga

